Les feuilles tombe et tourbillonnent
Dans la tourmente de novembre
L’arbre perd chacun de ses membres
Et de plus en plus frissonne
La vie le quitte par seconde
Un souffle à la fois
Sans trêve de froid
La souffrance et la torpeur l’innonde
Cet arbre est le monde
Qui pert à chaque instant de la couleur
En son tronc l’horreur gronde
Une seconde, un cœur meurt
L’automne des hommes est inégal
Il vient bien vite par endroit
Un bouton de rose plein de foi
Parfois périt bien mal
Certains bourgeons ne voient le soleil
Que quelques heures ou jour
Ils n’ont le temps de vivre l’amour
De rire ou s’épanouir à merveille
Les fleurs de ce monde
Qui peuvent avoir l’honneur de l’été
Osent quand même se lamenter
C’est honteux, misérable, immonde
Comment osons nous crier à perdre haleine
Quand un petit bourdon vient nous agacer
Alors que nous sommes privilégié
D’avoir pu fleurir et grandir sans peine?
